mardi 1 avril 2014

"die mich nicht umbringt, macht mich stärker"


La traduction exacte est "tout qui ne ME tue pas ME rend plus fort", ce qui correspond certainement mieux au message que l'on souhaite nous transmettre ici.Cette citation est extraite du Crépuscule des Idoles, écrit par Friedrich Nietzsche en 1888. Le titre complet de l'oeuvre est "Götzen-Dämmerung oder wie man mit dem Hammer philosophiert" : Le Crépuscule des idoles ou Comment on philosophe avec un marteau.


Nietzsche est le promoteur du concept du "Surhomme" qui, prenant conscience de cette qualité supérieure, se trouve en droit "par delà le bien et le Mal" (autre oeuvre, publiée en 1886) de dire merde à tout le monde : la morale, la politique,l'Etat, la raison, Dieu, le Diable, le peuple, les institutions. Le Surhomme se doit d' exprimer sa volonté de puissance (Wille zur Macht), parce que sa Nature en fait un devoir et un droit, parce que Lui-Même est la Nature. « Toute bête […] tend instinctivement vers un optimum de conditions favorables au milieu desquelles elle peut déployer sa force et atteindre la plénitude du sentiment de sa puissance »



«La vie (…) tend à la sensation d'un maximum de puissance ; elle est essentiellement l'effort vers plus de puissance ; sa réalité la plus profonde, la plus intime, c'est ce vouloir (...). Ce que veut l'homme, ce que veut la moindre parcelle d'un organisme vivant, c'est un accroissement de puissance. Dans l'effort qu'il fait pour le réaliser, le plaisir et la douleur se succèdent ; à cause de cette volonté, il cherche la résistance, il a besoin de quelque chose qui s'oppose à lui… ».

Et toutes les convictions, valeurs, philosophies et métaphysiques que l'homme considère comme oeuvre de l'esprit ne sont que des "enveloppes" , elles s'adaptent et se configurent dans le seul but de complaire à cette réalité intime, qui est à la fois chair, volonté, cause et conséquence,"ontologie" -si j'ai le droit de dire des gros mots-: l'accroissement de puissance. Il n'y a pas de bien commun, pas de loi fondamentale posée comme postulat (du type "tu ne tueras point") mais un océan tumultueux de "Si c'est bon pour Moi c'est bon pour les autres" qui se mesurent et se confrontent depuis la Nuit des Temps.Le reste n'est que foutaises pour bigots et mous du genou.

Voilà pour l'exposé de la philosophie nietzschéenne, certainement le plus bref et le plus foutraque qui n'ait jamais été conçu depuis l'invention de l'écriture. Des citations de Nietzsche, il y en a d'autres: 

"Les médecins les plus dangereux sont ceux qui, comédiens nés, imitent le médecin-né avec un art consommé d'illusion." ( Humain, trop humain, Friedrich Nietzsche, 1899)


"Mon jugement, c'est mon jugement à moi : un autre ne me semble pas y avoir facilement le droit» — ainsi s'exprimera peut-être un de ces philosophes de l'avenir. Il faut se garder du mauvais goût d'avoir des idées communes avec beaucoup de gens. «Bien» n'est plus bien dès que le voisin l'a dans la bouche. Et comment se pourrait-il qu'il y eût un «bien commun» ! Le mot se contredit lui-même. Ce qui peut être commun est toujours de peu de valeur. En fin de compte, il faut qu'il en soit comme il en a toujours été : les grandes choses sont réservées aux grands, les profondes aux profonds, les douceurs et les frissons aux âmes subtiles, bref tout ce qui est rare aux êtres rares." (Par-delà le bien et le mal, Friedrich Nietzsche, 1991)


"Les poètes manquent de pudeur à l'égard de leurs aventures : ils les exploitent." (Par-delà le bien et le mal, Friedrich Nietzsche, 1991)

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